Des centaines de Limougeauds, sidérés, regardaient le brasier à distance. Samedi 17 octobre, en fin d'après-midi, l'hôtel de ville de Limoges a été ravagé par un incendie déclenché en marge de la mobilisation contre la vie chère. Le célèbre campanile, emblème de la ville, s'est effondré. Au lendemain du drame, les élus de la métropole appellent à une marche de soutien, ce dimanche à 17 heures, place de la République.
Une après-midi de chaos
Tout a basculé en quelques heures. Vers 16 h 30, une partie du cortège, composée en majorité de jeunes, a investi l'autoroute A20 autour de Limoges. Deux voitures de police y ont été incendiées. Vers 17 heures, plusieurs centaines de très jeunes gens se sont retrouvés devant l'hôtel de ville. Des véhicules ont été renversés et brûlés sur le parvis, puis le feu a été mis au bâtiment.
Selon les informations livrées lors d'un point presse, des menaces de mort auraient été proférées par les incendiaires contre les policiers présents à l'intérieur de la mairie.
Un monument historique en grande partie perdu
Édifié entre 1876 et 1883, inspiré de l'hôtel de ville de Paris, l'édifice est classé aux Monuments historiques pour ses façades, ses toitures et sa fontaine monumentale. Le toit s'est en partie effondré sur les étages inférieurs et les deux tiers de la façade ont disparu. Le préfet a estimé dans la soirée que le bâtiment était « en grande partie perdu ».
Entre colère et sidération
Le maire LR de Limoges, Guillaume Guérin, a évoqué un acte « inacceptable, honteux, inqualifiable ». Pour lui, ce n'est pas de la bêtise, mais de la haine. « C'est un monument qui brûle, mais ce n'est pas la République », a-t-il déclaré, assurant que les assaillants n'avaient détruit ni le service public ni les valeurs républicaines. Il a aussi annoncé que la Ville allait déposer plainte et attend des interpellations dans les prochaines semaines, affirmant que l'impunité n'existe pas.
Les élus appellent à la marche
Le soutien est venu des élus de Limoges Métropole. Fabien Doucet, maire de Panazol, a annoncé une « marche des élus de la République » pour soutenir ses collègues limougeauds et la population. Le rendez-vous est fixé dimanche 18 octobre, à 17 heures, place de la République. Les élus de la métropole y seront présents.
Dans la ville, le slogan « Ce soir on est tous des Limougeauds » traduit l'émotion d'une communauté qui voit disparaître un symbole de son patrimoine.
Une journée de violences au niveau national
Les violences de Limoges figurent parmi les images les plus marquantes de la journée du 17 octobre. Entre 550 000 et 800 000 personnes ont manifesté en France, avec des débordements dans plusieurs villes.
