Fermeté d'un côté, dialogue de l'autre. Au lendemain d'une journée de mobilisation contre la vie chère marquée par de graves débordements, Emmanuel Macron a pris la parole depuis l'Élysée, dimanche 18 octobre, pour tenter de reprendre la main. Le chef de l'État a promis que les auteurs de violences et de pillages seront sévèrement punis, tout en annonçant l'ouverture de discussions sur les revendications sociales.
Une adresse après de nouveaux heurts
Cette intervention intervient alors que de nouveaux incidents ont éclaté dans la journée. À Paris, des magasins ont de nouveau été pillés, notamment près de Châtelet-Les Halles, et des tentatives d'intrusion ont été signalées à Lyon, à Marseille et près de Nantes. La veille, la mobilisation avait été émaillée de dégradations et de pillages de commerces dans plusieurs villes. Des mairies avaient aussi été prises pour cible, à Lille, à Marseille et à Limoges, où l'hôtel de ville a été détruit par un incendie.
Avant de s'exprimer, Emmanuel Macron s'était réuni avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et les ministres concernés.
Protéger les villes
Sur le volet sécuritaire, le chef de l'État a indiqué que les préfets prendraient, en lien avec les maires, les décisions nécessaires pour protéger les villes, les bâtiments publics et les commerces. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, est en première ligne sur ce dossier, après un bilan d'au moins 1 200 interpellations selon plusieurs médias.
Un dialogue à construire
Sur le fond, Emmanuel Macron a annoncé que Sébastien Lecornu réunirait, « dans les prochains jours », l'ensemble des partis politiques, d'abord pour condamner les violences. Seront aussi conviés les syndicats, les organisations étudiantes, les collectivités et les parlementaires, afin de « construire » des solutions aux revendications sociales. La vie chère, les services publics et les difficultés de la jeunesse sont au cœur de la contestation.
Un exercice périlleux pour l'exécutif
Pour le gouvernement, l'équilibre est délicat. Entre 550 000 et 800 000 personnes ont défilé samedi, selon le ministère de l'Intérieur et les organisateurs, et le mouvement agrège des colères diverses : lycéens, étudiants, anciens Gilets jaunes, syndicalistes. Sébastien Lecornu, qui doit composer avec une Assemblée fragmentée, devra convaincre que cette réunion débouchera sur des mesures concrètes.
Reste à savoir si cette séquence suffira à apaiser la rue, alors que l'exécutif est attendu sur des réponses rapides.
