Une dépendance énergétique qui s’ancre dans le quotidien
Dans les foyers de Beni, le charbon de bois s’impose désormais comme une évidence. Pour cuisiner, se chauffer ou faire face aux coupures d’électricité, des milliers de ménages n’ont d’autre choix que de se tourner vers cette source d’énergie traditionnelle, devenue centrale dans la vie quotidienne.
Cette réalité traduit une évolution progressive des habitudes énergétiques, mais surtout l’absence d’alternatives accessibles et fiables dans cette ville du Nord-Kivu.
Entre précarité et manque d’alternatives
La montée en puissance du charbon de bois s’explique en grande partie par le coût élevé des autres sources d’énergie. Le gaz domestique reste hors de portée pour une grande partie de la population, tandis que l’électricité demeure instable, voire inexistante dans certains quartiers.
Dans ce contexte, le charbon apparaît comme une solution à la fois disponible et relativement abordable, malgré une hausse régulière de son prix liée à la demande croissante.
Une pression accrue sur les ressources forestières
Mais cette dépendance n’est pas sans conséquences. L’exploitation du bois pour la production de charbon accentue la déforestation dans les zones environnantes, fragilisant les écosystèmes locaux.
Les acteurs environnementaux alertent sur une exploitation souvent non contrôlée, qui menace à terme l’équilibre écologique de la région. À cela s’ajoute l’impact sur le climat, dans un contexte global déjà marqué par les effets du changement climatique.
Un secteur économique informel en pleine expansion
Autour du charbon de bois, toute une économie s’organise. De la coupe du bois à la commercialisation, en passant par le transport, des milliers de personnes tirent leurs revenus de cette filière largement informelle.
Si cette activité constitue un moyen de subsistance pour de nombreuses familles, elle échappe en grande partie à toute régulation, posant des défis en matière de fiscalité, de gestion des ressources et de sécurité.
Entre enjeux sécuritaires et défis de régulation
Dans certaines zones, la production et le transport du charbon de bois sont également liés à des enjeux sécuritaires. Des groupes armés ou des réseaux informels peuvent tirer profit de cette activité, compliquant davantage toute tentative de contrôle par les autorités.
Face à cette situation, les pouvoirs publics sont appelés à encadrer davantage le secteur tout en proposant des alternatives énergétiques durables.
Une transition énergétique encore lointaine
À Beni, la question de l’énergie dépasse le simple cadre domestique. Elle renvoie à des enjeux structurels plus larges : accès aux infrastructures, développement économique et protection de l’environnement.
Si des solutions comme l’énergie solaire ou le gaz sont régulièrement évoquées, leur déploiement reste limité. En attendant, le charbon de bois continue de régner en maître dans les ménages, symbole d’une transition énergétique encore largement à construire.
