Sans véritable suspense, le scrutin présidentiel au Bénin a consacré la victoire écrasante de Romuald Wadagni. Le ministre des Finances, largement donné favori avant le vote, a été élu président avec 94,05 % des suffrages, selon les résultats provisoires annoncés par la Commission électorale nationale indépendante.
Face à lui, l’opposant Paul Hounkpè n’a recueilli qu’environ 5,95 % des voix. Ce dernier a rapidement reconnu sa défaite, dès la publication des premières tendances, actant ainsi une issue électorale largement anticipée par les observateurs.
Le scrutin, organisé le 12 avril, s’est déroulé avec un taux de participation avoisinant les 58 %, selon les données officielles. Les résultats reposent sur plus de 90 % des bulletins dépouillés, ce qui confère à cette victoire un caractère pratiquement irréversible, en attendant la validation finale par la Cour constitutionnelle.
Âgé de 49 ans, Romuald Wadagni succède à Patrice Talon, qui quitte le pouvoir après deux mandats conformément à la Constitution béninoise. Considéré comme son dauphin, il a été l’un des principaux artisans des réformes économiques engagées au cours de la dernière décennie.
Cette élection s’inscrit toutefois dans un contexte politique marqué par un affaiblissement de l’opposition. Plusieurs formations majeures n’ont pas pris part au scrutin, limitant la compétition électorale et suscitant des critiques sur le pluralisme politique dans le pays.
Le nouveau président devra désormais faire face à plusieurs défis majeurs, notamment la sécurité dans le nord du pays, confronté à la menace djihadiste, ainsi que les attentes sociales liées à l’amélioration des conditions de vie. Sa capacité à consolider les acquis économiques tout en élargissant l’espace politique sera déterminante pour la suite de son mandat.
